Véronique Lechevallier

Démarche artistique

La photographie est mon médium central avec lequel je prends des libertés.
Je l′interroge et le bouscule en confrontant des associations d′images et des
rapprochements d′univers. Je lui adjoins d′autres procédés d′expressions
comme le texte et la calligraphie ; j′asticote le langage même de la photographie ;
je teste le cadre ; je détourne la place du modèle face au Photographe ; je
questionne la position du photographe dans sa création. Je cherche l’aventure
visuelle, temporelle, sonore, littéraire, graphique ou scénaristique. En émerge
globalement un discours décalé teinté d′humour et d′ironie.

Cette embardée est motivée par le besoin d′éprouver l′objet en tant que tel et de
chahuter les évidences. Ancienne monteuse de films documentaires, je connais
et utilise la capacité des divers éléments composant un film à constituer un récit,
ou bien un autre radicalement différent, selon la façon dont ils sont associés
et arrangés. J′en garde aussi le goût de la narration issue de l′imbrication des
images et des sons.

Ainsi, la Photographie garde sa place d′honneur mais n′est plus la seule maître
à bord. J′installe le sens avant l′esthétique. Ce matériaux que je manipule remet
en cause nos habitudes devant ce médium. C′est une recherche pragmatique en
général sur nos façons de penser et de voir.

Je me situe comme artiste visuelle, dans le champs de l’art contemporain
conceptuel. Mes références artistiques sont ancrées dans la narration et/ou le
décalage comme Sophie Calle, Duane Michals, Elliott Erwitt, Hervé Guibert,
Olivier Culmann, Joan Fontcuberta, les peintres David Hockney et Egon
Schiele – le roman-photo et la BD en général pour leur liberté des formes (Jean
Teulé a commencé par une BD débridée) – le docu-photo (Igounet/Jarousseau
ou Guibert/Lefèvre/Lemercier) – la calligraphie française et orientale pour leur
capacité à magnifier la langue.