Démarche artistique
J’ai grandi à la campagne, loin des villes, protégé par les bêtes et les arbres, élevé au rythme lent des saisons, dans un monde saturé d’anciennes histoires, de silences, de rites religieux et de superstitions rurales. J’ai grandi parmi les vaches, les moutons, les objets qui n’ont l’air de rien mais qui racontent tout.

Mon travail plastique est toujours lié à l’écriture. Pas comme un à-côté, mais comme un double fond. Chaque objet que je fabrique peut être raconté, performé, ou simplement regardé, avec cette attention qu’on donne aux choses qu’on croit insignifiantes et qui finissent par nous bouleverser. J’écris pour faire parler les formes. J’assemble, je sculpte, je mets en scène des gestes qui touchent à la mémoire, au corps, à la tendresse, parfois aussi à l’oubli.
Je travaille à partir de ce que je considère comme mes racines, ou plutôt mes bulbes : souterrains, vivants, mouvants. L’héritage m’obsède, mais pas celui des terres, ni de l’or.

Je m’intéresse à ce qui circule autrement : les gestes transmis, les connaissances orales, les objets portés par la main et non par la valeur. Je déterre des choses, je les exhume, je les place dans l’espace comme on allume une veilleuse.
Je me tiens quelque part entre l’histoire du catholicisme populaire et la sorcellerie douce. Entre le linge qu’on étend pour sécher et les secrets qu’on garde sous les meubles. Je ne cherche pas à faire spectaculaire, mais à ce qu’on sente les fantômes.
Je fabrique des formes fragiles, mais qui tiennent.

Les Paragères, maison familiale et témoin d’étés insouciants, est souvent le théâtre de mes réflexions. Cette maison, aux tommettes craquantes et à la lumière tamisée, habite mes récits. Elle incarne l’amour familial, mais aussi ses ombres : ce qu’on transmet, ce qu’on tait, ce qui résiste au temps.
Ainsi, la cérémonie familiale devient une métaphore du passage, un entre-deux subtil où le sacré dialogue avec l’intime, où l’absence trouve son reflet dans la matière, où les souvenirs flottent, indécis, comme des fantômes entre deux mondes.

Entre performance, installation et objets, je mets en scène des fragments de mon histoire familiale pour questionner ce qu’il nous reste et ce que nous laissons. Ce travail, au croisement de l’intime et de l’universel, tente de capter ces fantômes du passé qui nous accompagnent. Il interroge ce que signifie hériter d’une mémoire : la sublimer, la prolonger, ou parfois, s’en affranchir.

J’ai étudié dans la Creuse, centre de la France, où j’ai obtenu une première licence en graphisme et communication, avant de poursuivre aux Beaux-Arts d’Angers, où j’ai obtenu une seconde licence, suivis d’un master en 2024.
En parallèle de mon cursus, j’ai participé à plusieurs expositions collectives, dont le Festival Jeune Création à Paris et l’exposition Problème à trois corps à la Zoo Galerie à Nantes.

